Hier soir j’ai été voir le 昆剧Kunju.
Le Kunju c’est l’opéra chinois de Nanjing. Sachez que si j’avais été faire mes études à Beijing, la première phrase de l’article aurait été : j’ai été voir le 京剧Jingju.
Le Kunju est donc l’opéra de Nanjing, c’est vraiment très intéressant. Pour ceux qui n’ont aucune idée de ce que peut bien être l’opéra chinois, je recommande le film « Farewell my concubine » qui vous en donnera une bonne idée.
Ne pensez pas que mon niveau de chinois est suffisant pour que je puisse suivre l’opéra chinois, vous vous tromperiez lourdement, mais, il y avait des sous-titres en anglais, alors c’était plus facile de suivre.
Ce que nous avons vu était 3 petites scénettes, tirées de différentes pièces.
La première raconte l’histoire d’une jeune nonne qui va jouer du zither au clair de lune, un jeune homme passe et ils tombent follement amoureux l’un de l’autre, mais la jeune nonne ne veut pas l’admettre, alors le jeune homme se cache pour l’écouter parler et là elle admet, alors il demande aux cieux de l’aider dans leur union.
Nous retiendrons la superbe réplique : « elle me dit que je la laisse aussi froide que le jade, je m’en vais donc la réchauffer » … voyez le genre.
La deuxième histoire, c’est une jeune fille, qui rêve qu’elle rencontre un jeune homme, mais c’est en rêve et elle est très déçue quand sa mère vient la réveiller. Nous noterons là aussi la réplique : « venez avec moi derrière la barrière que je puisse dénouer votre ceinture » … comment ça est-ce qu’on joue de l’opéra chinois en France ?!?
La dernière histoire est nettement moins amusante mais beaucoup plus romantico-tragique. L’armée de l’empereur se mutine parce qu’il estime que celui-ci a été détourné de ses devoirs d’empereur par la concubine, et que cela a permis à un quelconque chinois de lever une révolte. Ils exigent donc que l’empereur fasse tuer la concubine. Mais l’empereur s’y refuse, il l’aime trop et elle est trop belle d’abord. Mais la révolte est en marche et si l’armée ne défend pas l’empereur il va mourir. La concubine supplie alors l’empereur de la laisser se suicider pour qu’il puisse vivre (snif) après plusieurs refus, il accepte. Et (ça lui prend bien 10 minutes) elle se pend à un poirier. L’armée est très contente et ils repartent tous gaiement tuer du révolté, sauf l’empereur qui est très triste d’être redevenu seul au monde.
Alors c’était très agréable (surtout de comprendre l’histoire), même si c’est vrai, parfois ça ressemble un peu à des sirènes de voiture de police… mais c’était très joli. Par exemple la phrase : nous sommes arrivés à mawei (我们来到马魏women lai dao mawei) devient quelque chose comme : WoooOOOoooomeeennnnnn laAAaaaAAiidaaaAAAAoooooooOOOOOO… … MMMMAAAAaaaAAwWwEEEeeeeii Vous imaginez donc quand sortant Nous rigolions bien en nous parlant comme ça. On a même imaginé passer l’examen d’oral de cette manière…
Pour les chinois qui n’ont toujours pas compris après le concert de musique classique :
- on ne répond pas au téléphone pendant un opéra ! ou bien on a la délicatesse de sortir de la salle !!! on ne répond pas comme ça en plein milieu (‘attends, je t’entends pas, ils sont en train de chanter, ouais, je suis à l’opéra et toi tu fais quoi ?’)
- on a la délicatesse de ne pas lâcher de rôt à des mots clés du spectacle (genre scène d’amour, moment tragique…) parce que c’est vraiment difficile pour nous de ne pas exploser de rire dans ces circonstances !!
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